Bonjour Chacune, Chacun,

Deux thèmes pour aujourd’hui : les grand-mères et les accidents !

Je vais voir la famille d’Ouransa – dite : la grande famille – dans sa cour. La cour est une cour immense, dans le vieux quartier de Bobo. La grande famille, entendons-nous, est la famille au sens très élargi (à peu près 300 personnes dans cette cour !). Quand on rentre, c’est comme un village à soi tout seul : des cases à touche-touche, des ruelles qui les séparent. Chacun a une case, toilettes et douche sont communs – et loin !-. Le papa d’Ouransa, Bouba, a une case (càdire une pièce) pour lui. La maman d’Ouransa (Téné) en a une aussi, en face de celle de sa sœur Sita, à côté de celle de Bamso, une soeur d’Ouransa. Comme je viens saluer, on se retrouve nombreux dehors, un peu empruntés, et commencent les présentations de ceux et celles que je ne connais pas déjà : Djénéba, une fille de Sita, Maman la sœur aînée d’Ouransa, Bébé Ba, une demi-sœur, Soumana, un demi-frère, Vieux Père, un frère, et sa femme, Kadi, une des filles de Maman, Maïdouri une nièce.

J’essaye de m’y retrouver dans les filiations – c’est pas facile, ici on ne nomme pas les relations comme on le fait en France : Bouba a deux femmes, l’une (Téné) a 9 enfants et l’autre en a 8. Ouransa appelle ces deux femmes ‘Maman’, et appelle aussi Sita (pour nous sa tante) Maman. Et hop, 3 mamans pour un seul homme !

Les enfants de Téné sont ses frères ou sœurs (avec la précision même père-même mère), les enfants de l’autre femme de son père sont aussi ses frères et sœurs (pour nous, demi-frère ou demi-sœur ; maintenant comme les familles recomposées sont légion, je ne sais pas si ces termes sont encore beaucoup utilisés !). Quand j’essaye de nommer les liens entre : Ouransa et la fille d’un de ses demi-frères, je cale : une demi-nièce ?

La case de Téné m’impressionne : dans la quinzaine de m², il y a :

  • Dans un coin, une pile de grosses marmites ; comme Téné est une vieille, c’est elle qui garde les grosses marmites pour faire à manger lors des rassemblements familiaux
  • Dans un autre coin, une pile de tabourets en bois pour la même raison que précédemment
  • 1 lit en bois
  • Deux lits de nattes ou matelas fins au sol
  • Des piles de baluchons contre les murs.

C’est vous dire comme la circulation est aisée !

Le lit en bois est le lit de Téné, et les deux autres lits accueillent les petits-enfants,petite-neveux, arrière-petits- enfants…bien rangés en rang à côté les uns des autres. Il y en a déjà un qui dort. Chez Sita, les matelas au sol sont chapeautés de moustiquaires, bien trouées. Là ils sont plus nombreux, déjà 3 qui sommeillent.

C’est vous dire l’intimité dont les grand-mères disposent ! D’ailleurs je me demande si le mot ‘intimité’ existe en Dioula…quand un garçon enceinte une fille, que la maman disparaît : qui s’occupe des enfants : la grand-mère ! quand les mamans travaillent, qui s’occupe des enfants : les grand-mères ! je savais que les grand-mères ont un rôle important, mais là je m’en rends mieux compte !

Chez Bamso, il y a un lit, une armoire, et une petite natte au sol (Bamso a une petite fille) : ça a l’air presque nu après avoir vu les cases des grand-mères !

 

En moto, en allant au grand marché avec Baaba, nous passons un accident : vélo contre moto. C’est tout récent, les conducteurs sont encore sonnés, allongés à côté de leurs véhicules sur le goudron. Beaucoup de monde est déjà arrêté et nous nous arrêtons aussi : je demande pourquoi à Baaba ; ‘il faut voir si c’est quelqu’un qu’on connait’. Compte tenu de ce que je sais de l’hôpital, je comprends. A l’hôpital public, si vous arrivez sans être accompagnés, et qu’il n’y a personne pour payer consultation ou médicaments, personne ne vous prend en charge. Vous pouvez donc agoniser dans l’indifférence totale. Donc si c’est quelqu’un qu’on connait, on peut avertir des proches ou accompagner, et s’assurer de la prise en charge du blessé.

Voilaye, à venir une suite avec des noms de commerces, et l’atelier !

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